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Jardinage bio : le dépérissement des jeunes courgettes, une affaire de pollinisation

Dès le début de l’été, il est fréquent que les jeunes courgettes meurent avant d’arriver à maturité, compromettant ainsi les récoltes. Face à ce phénomène très répandu, beaucoup de jardiniers pensent faire face à un problème de fertilisation ou de maladie, alors qu’il s’agit en fait d’un défaut de pollinisation.

Une affaire d’insectes

La courgette est un légume de la famille des cucurbitacées qui produit en continu, de la fin du printemps à l’automne, des fleurs mâles et femelles sur le même pied. Elles sont assez faciles à différencier, les premières étant portées part des petites tiges quand les secondes sont situées au bout de petits fruits juvéniles. Pour en déclencher la croissance et les faire parvenir à maturité, l’extrémité florale de ces fruits doit être fécondée par le pollen d’une fleur mâle. A défaut, ils jaunissent et meurent rapidement. C’est le rôle des insectes butineurs de permettre cette fécondation naturelle.

Une pollinisation parfois délicate

Une fleur de courgettes reste en place pendant à peine une semaine avant de faner, et ne s’ouvre généralement que quelques heures pendant la matinée. Il faut donc pendant ce court laps de temps qu’un insecte pénètre dans une fleur mâle pour aller ensuite en déposer le pollen au cœur d’une fleur femelle. Un jardin où la biodiversité est peu développée et où les insectes butineurs sont rares ne manquera pas de poser des problèmes de fécondation, aux courgettes bien entendu, mais également à tous les autres végétaux nécessitant une pollinisation croisée comme tous les cucurbitacées et la plupart des arbres fruitiers. 

La main au secours de la nature

En cas d’absence d’insectes auxiliaires, il est possible d’assurer la pollinisation manuelle des jeunes fruits. L’opération est fastidieuse, mais elle permet de déclencher artificiellement leur maturation et de sauver un temps les récoltes. Quand vous constatez les premiers dépérissements, il suffit de cueillir une fleur mâle que vous débarrassez de ses pétales pour en faciliter la manipulation. Après quoi, frottez délicatement son anthère (le cœur de la fleur) sur le stigmate des fleurs femelles (c’est le cœur également) pour y déposer le pollen. Il faut recommencer l’intervention à chaque apparition de nouveaux embryons de fruits, soit une fois par semaine environ. Sur la durée d’une saison, en fonction du nombre de pieds de courgette présents dans le potager, l’opération peut vite se révéler harassante. Mais elle est parfois indispensable, en cas de coups de vent ou d’épisode pluvieux prolongés, car les insectes qui sont alors empêchés de voler ne peuvent assurer la pollinisation.

Favoriser la pollinisation naturelle

Dans un jardin à la biodiversité variée et où la faune auxiliaire est abondante, les problèmes de fécondation  ne se posent pas. Si vous rencontrez ce problème, installez des plantes à fleurs mellifères dans ou autour du potager (cosmos, soucis, phacélies…) et un peu plus loin, des arbustes à floraison estivale (buddléias, lavatères, abélias…). Vous attirerez une multitude d’insectes butineurs en recherche de pollen, qui ne manqueront pas de féconder par la même occasion tous les légumes alentours. Parallèlement à cela, en toute logique, la restriction des produits insecticides est bien évidemment fortement conseillée…

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Date : 15/06/2016